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Axe 3 : Une seule santé du monde

Responsable : Hélène Carabin, professeure titulaire à la Faculté de médecine vétérinaire (FMV) et à l’École de santé publique de l’Université de Montréal (ÉSPUM). Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en épidémiologie et une seule santé.

La mondialisation fait en sorte que toute maladie, transmissible ou non, n’a plus de frontière. Les gens voyagent de plus en plus, les migrations humaines et animales augmentent, les chaînes de distribution de médicaments et d’aliments, incluant les produits animaux, sont mondiales, et les menaces liées aux produits biologiques, tels que la résistance aux antibiotiques, se multiplient. 

En janvier 2019, The Lancet sonnait l’alarme sur la syndémie internationale d’obésité, de sous-nutrition et de changements climatiques pour conclure qu’il y a un besoin urgent d’efforts pour approcher ces problèmes d’une manière holistique afin d’améliorer la santé de toutes les populations (The Global Syndemic Lancet Commission). Aujourd’hui, aucun pays ne peut assurer la santé de ses populations en isolation du reste du monde. On pourrait même ajouter que ceci est impossible sans l’implication de plusieurs secteurs tels que précisé dans les Objectifs de développement durable de l’Organisation des Nations-Unies (ONU). 

Ceci est d’autant plus important que plus de 60% des infections humaines sont zoonotiques (transmission des animaux vertébrés à l’être l’humain, et vice-versa) et plusieurs ont une origine dans des pays à faible revenu, possiblement due à la promiscuité entre humains et animaux dans un environnement qui facilite la transmission intra et inter-espèce. Un exemple probant d’une telle émergence est le virus du SARS-CoV-2 suspecté d’avoir une origine chez les chauves-souris. La mise en place d’un réel système de surveillance « Une seule santé » aurait pu limiter cette pandémie en détectant le virus chez plusieurs espèces plus rapidement. L’importance de l’approche « Une seule santé du monde » a aussi été soulignée lors du bris de la chaîne alimentaire suite à des foyers d’infection dans des abattoirs un peu partout dans le monde, sans mentionner les bénéfices qu’ont eu les animaux domestiques sur la santé mentale de leurs propriétaires confinés.

Objectifs de l’axe

  • Identifier et évaluer les déterminants des problèmes de santé qui lient les populations du Québec et de l’international en appliquant une approche respectant à la fois le concept d’une seule santé et l’importance du contexte social, politique et culturel, tout en développant des méthodes adaptées à ces systèmes complexes.
  • Développer et évaluer des interventions en santé des populations (humaines et animales), dans un contexte local ou international, tout en améliorant les méthodes utilisées afin de bien intégrer tous les aspects clés des variations socioculturelles et politiques et tous les secteurs impliqués.
  • Soutenir l'application des connaissances auprès des communautés et des partenaires pour le développement de programmes et politiques dans le but de réduire les inégalités en santé et améliorer la santé des populations humaines et animales, ici et ailleurs.

Programmation proposée et positionnement stratégique 

Sous la responsabilité d’Hélène Carabin, ce troisième axe vise à intégrer les forces de l’Université de Montréal en recherche dans les domaines de la santé mondiale et d’ « Une seule santé », permettant ainsi de développer des données probantes pour influencer les actions afin d’atteindre l'équité en matière de santé pour tous, incluant celle des populations animales. 

C’est en arrimant des technologies de pointe avec l’expertise des intervenants en santé publique et des chercheurs de tous les axes du CReSP qu’il sera possible de mieux comprendre et intervenir afin d’améliorer les systèmes alimentaires, constamment en transition, et leurs conséquences sur tous les aspects de la santé publique. Ceci est d’autant plus important dans un monde qui s’urbanise, où un mode de vie sédentaire se généralise et où les systèmes agricoles se transforment pour mieux répondre aux demandes des consommateurs tout en maximisant les profits.

Les conséquences néfastes de l’environnement et du milieu de vie sur le cumul des risques, vulnérabilités et résiliences tout au long de la vie surviennent parmi toutes les populations mais souvent de façon exacerbée dans les pays pauvres. Le problèmes d’accès aux soins de santé le sont également, mais ceux-ci nécessitent des solutions efficaces et abordables qui pourraient servir d’exemple pour les problèmes auxquels font face les intervenants du CCSMTL. Seule une infrastructure comme le CReSP permettra de telles collaborations.